Étudier avec une dépression : comment réduire la charge mentale

Résumé

Étudier avec une dépression représente un immense défi, mais ce n’est pas une raison pour abandonner tes études. Il est possible de trouver un chemin pour poursuivre ton parcours, même lorsque chaque journée demande énormément d’énergie. Découvre comment alléger ton quotidien, trouver de l’aide et faire valoir tes droits.

Étudier avec une dépression : l'essentiel

  • La dépression est une véritable maladie et non un manque de volonté. Elle ne se résume pas à de la tristesse ou au stress et nécessite généralement une prise en charge professionnelle.
  • Tu n’es pas seul·e. Les difficultés psychiques sont fréquentes chez les étudiant·es : selon l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE), un tiers des étudiant·es présentaient des signes de détresse psychologique dans les quatre semaines précédant l’enquête 2024.
  • Tu as droit à un accompagnement, que la dépression soit présente avant tes études ou qu’elle soit apparue à cause du stress des examens, des doutes ou de l’anxiété face à l’avenir.
  • Le service de santé étudiante (SSE) de ton établissement propose des consultations gratuites et peut t’informer sur les aides disponibles.
  • Avec le dispositif Santé Psy Étudiant, tu peux bénéficier de 12 séances gratuites avec un·e psychologue par année universitaire, sans avance de frais.
  • Consulte un·e médecin pour obtenir un diagnostic, un traitement adapté et, si nécessaire, un certificat médical pour justifier tes absences aux cours ou aux examens.
  • Des aménagements d’examens peuvent être accordés sans modifier les exigences académiques.
  • Une interruption temporaire de tes études est possible dans certaines conditions.
  • Si tu es boursier·ère, une absence justifiée par un certificat médical peut te permettre de conserver ta bourse.
  • Une aide numérique telle que deprexis peut compléter la prise en charge thérapeutique. En cas de crise aiguë ou de pensées suicidaires, appelle le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24h/24. En cas d’urgence vitale, appelle le 15 ou le 112.

Qu'est-ce que la dépression ?

La dépression est plus qu’une simple phase de profonde tristesse en réaction au stress ou à des échecs. C’est une maladie psychique grave et médicalement reconnue, qui se caractérise par des symptômes profonds qui durent pendant des semaines, voire des mois. Contrairement à un simple coup de moins bien, une dépression clinique se caractérise souvent par une humeur triste persistante, une perte de plaisir et d’intérêt, ainsi qu’un manque marqué d’énergie. Elle ne touche pas seulement le psychisme, mais aussi l’ensemble du corps et la façon de vivre.

Parmi les symptômes principaux, on trouve les troubles de la concentration et du sommeil, qui ont un impact direct sur les études, car ils rendent l’apprentissage et l’organisation presque impossibles. À cela s’ajoutent souvent une forte culpabilité, une estime de soi très diminuée et un sentiment de vide intérieur. Comme il s’agit d’une maladie aux causes biologiques, psychiques et sociales, un traitement professionnel est nécessaire, sous forme de thérapie, éventuellement associée à des médicaments. Un traitement adapté aide à briser ce cercle vicieux et à retrouver la capacité à étudier.

Premières démarches et ressources sur le campus

Si tes études deviennent trop difficiles à cause de ton état psychique, sache que tu n’as pas à affronter cela seul·e. Ton établissement et plusieurs dispositifs nationaux proposent un accompagnement gratuit et confidentiel. Le plus important est de demander de l’aide rapidement.

Checklist des premières étapes

1. Prendre rendez-vous chez un médecin

Ton ou ta médecin traitant·e, ou un·e médecin du service de santé étudiante :

  • établira un diagnostic ;
  • discutera des possibilités de traitement ;
  • pourra te délivrer un certificat médical pour justifier tes absences aux cours ou aux examens.

Ce document est souvent indispensable pour demander :

  • la justification d’une absence à un examen ;
  • une prolongation de délai ;
  • des aménagements d’examens ;
  • le maintien de ta bourse.

Renseigne-toi sur le règlement des études de ton établissement : les certificats médicaux doivent souvent être datés du jour de l’absence et transmis dans un délai précis.

2. Contacter le service de santé étudiante (SSE)

Chaque université dispose d’un service de santé étudiante. Les consultations y sont généralement :

  • gratuites ;
  • confidentielles ;
  • rapides à obtenir.

Tu pourras y recevoir :

  • une première évaluation avec un·e médecin, un·e psychologue ou un·e infirmier·ère ;
  • des conseils sur tes démarches ;
  • une orientation vers les dispositifs adaptés.

3. Consulter un·e psychologue gratuitement

Avec le dispositif Santé Psy Étudiant, tu peux consulter gratuitement un·e psychologue partenaire, jusqu’à 12 séances par année universitaire, sans avance de frais et sans passer par un·e médecin. Il est cumulable avec Mon soutien psy, qui te donne droit à 12 séances supplémentaires prises en charge par l’Assurance Maladie.

4. Informer ta composante ou le service de scolarité

Envoie un message simple expliquant que tu rencontres actuellement un problème de santé et que tu effectues les démarches nécessaires. Tu n’as pas à préciser ton diagnostic.

5. Préparer les démarches administratives

Selon ta situation, tu pourras demander notamment :

  • des aménagements d’examens ;
  • un régime spécial d’études (par exemple une dispense d’assiduité) ;
  • une prolongation de délais ;
  • une interruption temporaire de tes études.

Soutien numérique avec deprexis

deprexis est une thérapie numérique destinée aux adultes souffrant de dépression. Ce dispositif médical certifié CE propose :

  • des exercices thérapeutiques ;
  • un accompagnement au quotidien ;
  • des outils issus de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

Tu peux l’utiliser à tout moment et depuis n’importe quel endroit disposant d’une connexion Internet. En France, deprexis est accessible sans ordonnance : tu peux l’obtenir directement sur notre site. Une licence de 90 jours coûte 225 € TTC ; elle n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie. Tu n’as pas à décider seul·e : tu peux en parler avec ton médecin ou ton psy pour savoir si deprexis te convient.

Aspects juridiques et démarches administratives

Lorsque la dépression perturbe fortement les études, il peut être utile de sécuriser ta situation sur le plan administratif. Les règles varient d’un établissement à l’autre : renseigne-toi toujours auprès de ton université.

Aménagements des examens

Les aménagements visent à compenser les conséquences d’une maladie ou d’un handicap. Ils ne modifient pas le contenu de l’évaluation, mais uniquement ses modalités. Un trouble psychique durable, comme une dépression, peut y donner droit.

Exemples :

  • temps supplémentaire (le « tiers-temps ») ;
  • salle à part ;
  • pauses pendant l’examen ;
  • utilisation d’aides techniques ;
  • autre format d’évaluation (un oral au lieu d’un écrit, par exemple).

Procédure simplifiée

  • Contacter le service handicap (ou mission handicap) de ton établissement : c’est lui qui accompagne les demandes d’aménagement.
  • Obtenir l’avis médical : les aménagements sont généralement proposés par un·e médecin du service de santé étudiante, puis validés par l’établissement.
  • Respecter les délais : la demande doit être faite avant les examens. Les demandes tardives sont rarement acceptées.
  • Penser à renouveler la demande : les aménagements sont souvent accordés pour une année universitaire.

Absence à un examen et prolongation des délais

Si ton état de santé t’empêche de passer un examen, informe rapidement ta scolarité et transmets ton certificat médical dans les délais prévus par le règlement des études. Selon les cas, tu pourras passer l’épreuve en session de rattrapage. Il est également souvent possible de demander une prolongation pour la remise d’un mémoire ou d’un dossier.

Exemple de courriel

Objet : Problème de santé – Demande d’information sur mes droits

Madame, Monsieur,

En raison d’un problème de santé actuel (un certificat médical est à ma disposition), je souhaiterais obtenir des informations concernant les possibilités de justification d’absence, de prolongation de délai ou d’aménagement de mes études.

Je vous serais reconnaissant·e de bien vouloir préserver mes droits jusqu’à la transmission des documents nécessaires.

Je vous remercie par avance.

Cordialement,

(Nom, numéro étudiant, formation)

Interruption temporaire des études

Si votre état de santé ne vous permet plus de poursuivre normalement vos études pendant une période, une interruption temporaire de votre cursus peut être envisagée.

Selon les établissements, un certificat médical suffit généralement.

Avant toute décision, vérifiez :

  • les conséquences sur vos examens ;
  • votre inscription administrative ;
  • les éventuels frais universitaires ;
  • les conditions de reprise des études.

Bourse du CROUS

Si tu es boursier·ère, tu dois respecter une obligation d’assiduité aux cours et de présence aux examens. Une absence non justifiée peut entraîner la suspension de ta bourse, voire une demande de remboursement. En cas de maladie, tu peux conserver ta bourse si tu justifies tes absences.

Le plus important est :

  • de prévenir rapidement ta scolarité et le service des bourses du CROUS ;
  • de fournir les justificatifs médicaux demandés ;
  • de respecter les délais administratifs.

Le CROUS peut aussi proposer des aides ponctuelles en cas de difficultés, ainsi qu’un accompagnement par ses assistant·es social·es.

Outils pour alléger le quotidien étudiant

1) Le plan minimal (3 × 15 minutes)

Lorsque tu manques totalement d’énergie, limite-toi à trois petits blocs :

Bloc A – Obligations

Une tâche très simple :

  • ouvrir un e-mail ;
  • consulter un formulaire ;
  • noter une référence bibliographique.

Bloc B – Études

Travaille pendant 15 minutes sur un seul chapitre. À la fin, note immédiatement la toute première étape pour reprendre le lendemain.

Bloc C – Énergie

Fais une activité qui t’aide à récupérer :

  • marcher quelques minutes ;
  • prendre une douche ;
  • préparer un repas équilibré.

2) Gérer ton énergie par vagues

Travaille par périodes courtes, par exemple 25 à 40 minutes de travail, puis 10 minutes de pause. Réserve les tâches les plus difficiles aux moments où tu as le plus d’énergie.

3) Expliquer plutôt que surligner

Au lieu de simplement surligner tes cours, essaie d’expliquer ce que tu viens de lire en trois phrases, comme si tu l’enseignais à quelqu’un. Cette méthode améliore la compréhension, la mémorisation et la concentration.

4) La règle des deux onglets

N’ouvre jamais plus de deux onglets Internet en même temps lorsque tu travailles. Coupe également toutes les notifications afin de limiter les distractions.

5) Les micro-pas sociaux

Choisis des contacts qui ne t’épuisent pas, par exemple :

  • envoyer un court message à un·e camarade ;
  • travailler à la bibliothèque plutôt que seul·e chez toi ;
  • trouver un·e partenaire de révision.

Les relations sociales restent un facteur protecteur important.

6) Planifier stratégiquement les examens

Commence par les évaluations qui te semblent les plus accessibles, afin de retrouver progressivement confiance. Si tu as besoin de plus de temps, fais rapidement les démarches pour demander des aménagements ou des prolongations.

7) Structurer tes journées

Essaie de conserver des horaires réguliers :

  • une heure de lever fixe ;
  • une courte promenade quotidienne ;
  • des repas pris à heures régulières.

Une routine simple apporte souvent davantage de stabilité et facilite progressivement la reprise des études.

Les questions et réponses les plus importantes

Entraide et Stratégies

Oui, il est possible de faire des études avec une dépression, à condition de mettre en place un cadre adapté. Tu peux bénéficier du soutien de ton médecin ou de ta psychothérapeute ou de ton psychothérapeute et faire valoir tes droits à des aménagements d’études, à un semestre de congé ainsi qu’à d’autres mesures facilitant ton parcours. Par ailleurs, une application numérique de santé (DiGA) comme deprexis peut t’accompagner au quotidien et te soutenir grâce à des exercices et des suggestions.

L’aménagement compensatoire vise à te fournir des conditions plus adaptées. Il peut notamment prévoir un temps supplémentaire, une salle individuelle, des pauses supplémentaires, l’autorisation d’utiliser des outils techniques ou des modalités d’examen alternatives — mais jamais une réduction des exigences.

En règle générale, c’est un médecin qui t’examine, évalue ta situation et établit un certificat médical. Tu remets ensuite ce certificat au service des examens, qui prend la décision finale concernant ton inaptitude à passer l’examen.

Sources