Les comportements typiques de la dépression : comment les reconnaître et apporter l'aide adéquate
Résumé

Tu vois un de tes proches souffrir et tu te demandes s'il s'agit d'une dépression? – Ce guide te présente les comportements les plus courants liés à la dépression et te donne des conseils concrets pour aider ton ami·e ou un membre de ta famille au quotidien.

Comportements liés à la dépression : l'essentiel en bref

  • Retrait et fatigue: tu perçois des refus, des silences et une grande fatigue, car la maladie déclenche souvent ces signaux.
  • Sommeil, appétit et motivation: tu remarques un rythme perturbé et une perte de joie de vivre, car la dépression ralentit le corps et l'esprit.
  • Signaux silencieux: tu vois une performance extérieure et un vide intérieur, car certaines personnes fonctionnent normalement malgré la dépression.
  • Soutiens-la avec des mots clairs: décris ce que tu observes et demande ce qui pourrait l'aider aujourd'hui.
  • Soutien pratique: organise un rendez-vous chez le médecin généraliste, aide-la à trouver un psychothérapeute et encourage-la à utiliser également des programmes en ligne.

Les symptômes de la dépression d'un point de vue médical

Symptômes principaux et symptômes secondaires

En médecine, l'humeur déprimée, la perte de joie et d'intérêt ainsi que le manque d'énergie sont considérés comme les symptômes principaux de la dépression. Les spécialistes identifient également d'autres symptômes, parmi lesquels figurent les troubles du sommeil, les sentiments de culpabilité et la rumination, ainsi que les troubles de la concentration et les changements d'appétit. Les médecins parlent de dépression lorsque plusieurs de ces symptômes persistent pendant au moins deux semaines et entravent considérablement la vie quotidienne.

Distinction par rapport à la tristesse et aux crises quotidiennes

La tristesse est désagréable, mais elle se manifeste souvent par vagues et s'estompe peu à peu grâce aux paroles de réconfort. La dépression, quant à elle, est un sentiment pesant et constant qui sape les forces, perturbe le sommeil et mine la confiance en soi.

Pourquoi des schémas comportementaux?

Le terme « schéma comportemental » désigne les actions et réactions récurrentes associées à la dépression. Parmi les schémas comportementaux typiques de la dépression, on peut citer, par exemple, le retrait de la vie familiale ou du cercle d'amis, ou encore le report constant des tâches. Certaines personnes masquent leur souffrance et donnent ainsi l'impression de fonctionner tout à fait normalement. Ces schémas comportementaux ne résultent pas de la paresse ou de la faiblesse, mais des symptômes de la dépression mentionnés ci-dessus.

Comment se comportent les personnes souffrant de dépression

Si, en tant qu'ami·e ou membre de la famille, tu souhaites y voir plus clair, sois attentif·ve aux comportements suivants:

  • Beaucoup de personnes souffrant de dépression annulent leurs rendez-vous parce qu’elles manquent d’énergie et d’espoir.
  • Certaines ne font plus que le strict nécessaire et repoussent les autres tâches, car la montagne de choses à faire leur semble trop haute.
  • D’autres semblent irritables, car leurs pensées tournent en boucle sans arrêt et chaque bruit leur tape sur les nerfs.
  • Le sommeil est souvent perturbé. Certaines personnes dorment à peine et se réveillent très tôt, d’autres dorment longtemps mais restent épuisées.
  • Les habitudes alimentaires changent également. Certaines personnes perdent l’appétit, d’autres mangent plus que d’habitude, surtout le soir.

Ces schémas montrent que la personne a besoin d’aide et non qu’elle ne fait pas assez d’efforts.

Reconnaître une dépression à haut niveau de fonctionnement

Certaines personnes respectent leurs engagements, affichent un sourire et paraissent aussi fiables que d’habitude. Souvent, rien ne laisse deviner leur souffrance. Pourtant, intérieurement, elles luttent contre un sentiment de vide, une autocritique sévère et un profond épuisement.

Elles continuent à travailler, à s’occuper de leur famille et à assumer leurs responsabilités, mais s’effondrent silencieusement une fois seules en fin de journée. Vous pouvez reconnaître ce type de comportement lorsqu’une personne semble uniquement « fonctionner » au quotidien, tout en ne ressentant plus de joie et en se dévalorisant constamment.

Aider une personne à accéder à un traitement

Si tes observations laissent penser qu’une personne souffre de dépression, tu peux l’encourager et la soutenir dans ses démarches pour obtenir une aide adaptée.

Premières conversations: Il est préférable d’aborder le sujet en partant de vos observations plutôt que de tes jugements. Tu peux par exemple dire : « J’ai remarqué que tu passes beaucoup de temps seul(e) et cela m’inquiète. » Ensuite, pose une question ouverte, comme: « Comment te sens-tu vraiment aujourd’hui ? »

Écoute attentivement, reformule brièvement ce que la personne exprime et demande-lui ce qui pourrait lui faire du bien en ce moment. Évite les phrases telles que « Ressaisis-toi » ou « D’autres personnes ont des problèmes plus graves », car elles peuvent être blessantes et minimiser sa souffrance.

N’hésite pas à rappeler que la dépression est une maladie fréquente et, surtout, qu’elle peut être traitée efficacement.

Consulter un professionnel de santé

Encourage la personne à prendre rendez-vous avec son médecin traitant. Celui-ci pourra évaluer la situation lors d’un entretien, délivrer un arrêt de travail si nécessaire et orienter vers une prise en charge adaptée.

Le médecin pourra notamment informer la personne sur les possibilités de psychothérapie et l’aider à trouver des contacts spécialisés. Tu peux également proposer ton aide pour l’accompagner à un rendez-vous ou pour remplir certains formulaires administratifs.

Psychothérapie et médicaments

La psychothérapie consiste à travailler avec un professionnel qualifié qui aide à comprendre la maladie, à définir des objectifs thérapeutiques et à mettre en place des stratégies adaptées.

Par exemple, une thérapie cognitivo-comportementale peut aider à planifier de petites étapes réalisables, à réduire les ruminations mentales et à limiter les pensées d’autodévalorisation.

Au cours du traitement, il peut apparaître qu’un médicament antidépresseur serait utile en complément. Le médecin évaluera alors les bénéfices attendus et les éventuels effets secondaires avant de prendre une décision avec la personne concernée. Encourage-la à poursuivre son traitement avec patience, car les améliorations prennent souvent du temps.

Assurer la sécurité en période de crise

Si tu entends des phrases telles que « Je n’en peux plus » ou « Ce serait mieux sans moi », prends-les toujours au sérieux.

Tu peux poser calmement une question directe : « Est-ce que tu as des pensées suicidaires ? » Contrairement à une idée reçue, poser cette question n’augmente pas le risque de passage à l’acte.

En cas d’urgence ou de danger immédiat, encourage la personne à contacter les secours, un service d’urgence médicale ou une ligne d’assistance spécialisée, ou appelle toi-même les services d’urgence si nécessaire. Une intervention rapide peut être essentielle pour assurer sa sécurité.

Une aide numérique complémentaire avec deprexis

L’application numérique de santé deprexis peut compléter efficacement la prise en charge de la dépression. Grâce à des modules faciles à comprendre, elle propose des exercices fondés sur les principes de la thérapie cognitivo-comportementale.

deprexis aide notamment à mieux observer son humeur, à se fixer des objectifs réalistes et à maintenir sa motivation au fil du temps.

Tu peux encourager la personne concernée à utiliser cet outil comme un soutien supplémentaire au quotidien, en complément d’un accompagnement médical ou psychothérapeutique.

Soutien au quotidien

Comment les proches et les amis peuvent apporter leur soutien

Tu peux apporter un soutien précieux en restant présent, fiable et disponible. Lorsque tu échanges avec la personne concernée, privilégie un ton calme, clair et bienveillant.

Propose de petites actions réalisables dans l’immédiat. Des gestes simples comme « prendre dix minutes d’air frais sur le balcon » ou « boire un verre d’eau » peuvent déjà constituer des progrès importants.

Valorise non seulement les résultats obtenus, mais aussi les efforts et les initiatives. Si quelque chose ne fonctionne pas comme prévu, évite les reproches. Rappelle plutôt que les rechutes et les périodes plus difficiles font partie du processus de rétablissement et sont tout à fait normales.

Enfin, n’oublie pas de prendre soin de toi également. Soutenir une personne en souffrance peut être éprouvant ; il est donc important de préserver tes propres ressources, de t'accorder des moments de repos et de chercher du soutien si nécessaire.

Que faire si la personne…

… souhaite être seule Respecte son souhait tout en lui montrant que tu restes présent. Tu peux lui proposer de convenir d’un horaire pour un bref appel téléphonique et lui rappeler qu’elle peut te contacter si elle en ressent le besoin.

… ne veut plus sortir de chez elle Propose une activité très simple à faire ensemble, sans pression. Une courte promenade, quelques minutes à l’extérieur ou une petite sortie peuvent suffire. Si la personne refuse, accepte sa réponse sans insister et réessaye à un autre moment.

… dit : « Je n’en peux plus » Prend cette phrase au sérieux. Parle ouvertement avec la personne et demande-lui calmement si elle a des pensées suicidaires. Écoute-la sans jugement et encourage-la à exprimer ce qu’elle ressent.

Rappelle-lui que tu es disponible et informe-la des ressources d’urgence auxquelles elle peut faire appel en cas de besoin. Tu peux également l’aider à se recentrer sur l’instant présent en respirant calmement ensemble, en buvant un verre d’eau ou en prenant quelques minutes de pause.

Enfin, essaie de prévoir avec elle une activité simple pour le lendemain, comme une promenade, une sortie au cinéma ou un appel téléphonique. Avoir un petit objectif concret peut contribuer à rompre l’isolement et à maintenir un lien avec le quotidien.

Des phrases qui créent du lien et de la confiance

De nombreux proches et amis de personnes souffrant de dépression ont du mal à trouver les mots justes. Voici quelques exemples qui peuvent aider:

  • Montrer sa présence: « Je vois à quel point c’est difficile pour toi, et je serai à tes côtés tout au long de ce chemin. »
  • Réduire le sentiment de culpabilité: « Tu n’as pas choisi de souffrir de dépression, et tu n’as aucune raison d’en avoir honte. »
  • Proposer une aide concrète: « J’appellerai le cabinet médical demain, et je peux t’accompagner si tu le souhaites. »

Privilégie des phrases courtes, sincères et bienveillantes. N’hésite pas à les répéter lorsque la personne doute d’elle-même ou traverse une période particulièrement difficile. Une présence constante et des paroles rassurantes peuvent avoir un impact considérable.

Les questions et réponses les plus importantes

Comprendre la dépression

La dépression résulte généralement d'une combinaison de différents facteurs. Parmi ceux-ci figurent la prédisposition génétique, les modifications biologiques au niveau du cerveau, les facteurs psychosociaux et les influences environnementales. Les maladies chroniques, le stress, les expériences traumatisantes vécues pendant l'enfance ou les événements de vie difficiles peuvent également augmenter le risque. La cause exacte varie d'une personne à l'autre.

Une dépression peut être déclenchée par des événements traumatisants ou des changements soudains dans la vie, même en l'absence de signes avant-coureurs. Citons par exemple la perte d'un être cher, une séparation ou un divorce, le chômage ou des difficultés financières. Les personnes présentant une plus grande vulnérabilité psychologique réagissent souvent de manière plus sensible à de telles situations, ce qui favorise l'apparition plus rapide de symptômes dépressifs.

Oui, certains facteurs environnementaux peuvent aggraver ou déclencher des symptômes dépressifs. Il s'agit notamment du manque d'ensoleillement en hiver, des températures élevées, du bruit, de la pollution atmosphérique, de la vie en milieu urbain ou d'événements mondiaux traumatisants. Les influences sociales telles que l'isolement, les conflits ou le manque de soutien de l'entourage ont également un impact négatif sur la santé mentale.

Les cinq phases de la dépression constituent un modèle utile pour mieux comprendre l'évolution d'un trouble dépressif. Ces phases comprennent des schémas de pensées négatives, des changements d'appétit, des troubles du sommeil, un sentiment de culpabilité et, enfin, d'éventuelles pensées suicidaires en cas de crise aiguë. Toutes les personnes ne passent pas nécessairement par toutes ces phases dans le même ordre ou avec la même intensité, mais celles-ci permettent de mieux cerner l'évolution d'une dépression et mettent en évidence des signes avant-coureurs typiques.

Tu peux gérer tes schémas de pensée négatifs en les remettant en question et en vérifiant la réalité de tes pensées en discutant avec des personnes de confiance. Tu peux également essayer de mettre tes pensées par écrit ou de pratiquer des exercices de pleine conscience.

Oui, le risque augmente considérablement. Des études montrent que les troubles du sommeil persistants ne sont pas seulement un symptôme, mais peuvent également constituer un facteur contribuant à la dépression. Les troubles du sommeil persistants perturbent ton équilibre émotionnel, augmentent ton niveau de stress et te rendent plus vulnérable face aux défis du quotidien. Cela augmente le risque d'apparition ou d'aggravation des symptômes dépressifs.

Oui, les réveils fréquents pendant la nuit ou les réveils très précoces le matin font partie des troubles du sommeil typiques de la dépression. Des études montrent que les phases de sommeil sont décalées

Chez les personnes dépressives. Le sommeil profond et réparateur est raccourci, tandis que le sommeil paradoxal commence plus tôt et survient plus fréquemment. Il en résulte que même un sommeil apparemment suffisant est perçu comme peu réparateur.

Veille à respecter des horaires fixes pour te coucher et te lever, même le week-end. Une routine apaisante en fin de journée peut t'aider à te détendre. Essaie de lire quelques pages le soir, d'écouter de la musique douce ou de faire des étirements légers. Les ruminations excessives constituent un problème fréquent en cas de dépression. Note consciemment tes soucis et tes pensées au cours de la journée afin qu'ils ne tournent pas en boucle la nuit. De plus, une structure quotidienne claire et une activité physique modérée t'aideront à mieux dormir le soir. Une activité régulière augmente ton besoin de sommeil et stabilise ton humeur.

En cas de changements d'appétit, il est utile de prévoir des repas réguliers, d'intégrer une activité physique modérée à son quotidien et, si les problèmes persistent, de consulter un médecin. Essaie de trouver d'autres stratégies d'adaptation que le « grignotage lié au stress ».

Tu peux prévenir les troubles du sommeil en mettant en place une routine de sommeil régulière, en faisant des pauses loin des écrans, en adoptant des rituels de détente le soir et en veillant à faire suffisamment d'exercice et à t'exposer à la lumière du jour pendant la journée.

Pendant la phase d'auto-accusation, il est important de prendre conscience que la dépression fausse la perception des choses. Tu n'es pas responsable de tout. Fais preuve de compassion envers toi-même, note tes petites victoires et cherche du soutien auprès de tes amis, de ta famille ou de professionnels.

En cas de pensées suicidaires, il est essentiel de ne pas rester seul. En France, tu peux contacter le numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24h/24, au 3114, ou consulter le site 3114.fr. En cas de danger immédiat, appelle le 112 ou rends-toi au service des urgences le plus proche. Tu peux aussi te tourner vers des proches de confiance ou un professionnel de santé, qui peuvent t’aider dans cette situation.

Sources