Dépression et arrêt maladie : quelle est la fréquence des troubles dépressifs au travail ?

Résumé

Les troubles psychiques comptent parmi les principales causes d’arrêts de travail en France. La dépression en particulier peut empêcher les salarié·es de travailler pendant une longue période. Mais quelle place occupe-t-elle réellement dans les arrêts maladie ? Combien de salarié·es sont concerné·es, combien de temps durent les arrêts et quels profils sont les plus touchés ? Dans cet article, tu découvriras un aperçu des données actuelles sur les arrêts maladie liés à la dépression en France.

Dépression et arrêt maladie : l’essentiel en bref

  • Selon l’Assurance Maladie, le syndrome dépressif est la pathologie qui mobilise le plus grand nombre de journées d’arrêt de travail.
  • Selon l’étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis, les troubles psychologiques, en particulier la dépression et le burn-out, sont à l’origine de 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours en 2025. Ils sont ainsi la première cause des arrêts longs.
  • Les femmes et les cadres sont particulièrement concerné·es par les arrêts longs liés à des troubles psychologiques.
  • Il n’existe pas de durée fixe pour un arrêt maladie pour dépression. Elle dépend de la sévérité de la maladie et de son évolution, et un arrêt peut être renouvelé si nécessaire.
  • Il n’existe aucune statistique unique qui recense toutes les personnes en France en arrêt maladie pour dépression. Les études de l’Assurance Maladie et des organismes de prévoyance portent chacune sur leur propre base de données.

Quelle place occupe la dépression dans les arrêts maladie en France ?

La dépression n’est pas seulement une charge personnelle pour la santé, c’est aussi un facteur important des arrêts de travail. Les données de l’Assurance Maladie et des organismes de prévoyance montrent l’importance de sa part.

Selon l’Assurance Maladie, le syndrome dépressif était en 2022 la pathologie mobilisant le plus grand nombre de journées d’arrêt de travail. Les troubles anxiodépressifs mineurs arrivaient en quatrième position.

L’étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis, qui s’appuie sur les arrêts déclarés de 3,8 millions de salarié·es du secteur privé, montre une tendance similaire. En 2025, les troubles psychologiques représentaient 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, contre 30,3 % en 2020. Ils sont désormais la première cause des arrêts longs, devant les troubles musculosquelettiques.

Ces chiffres ne signifient pas que la dépression est la cause la plus fréquente de tous les arrêts. Les arrêts courts sont surtout liés aux maladies courantes, comme les infections. Les troubles psychologiques pèsent particulièrement lourd parce que les arrêts qui y sont liés durent souvent longtemps.

Le taux d’absentéisme général ne peut pas non plus être assimilé aux arrêts dus à la dépression. Selon Malakoff Humanis, près d’un·e salarié·e du privé sur trois a été en arrêt au moins une fois en 2025, et le taux d’absentéisme atteignait 4,3 %. Ces valeurs englobent les arrêts pour toutes les pathologies.

Combien de personnes sont en arrêt maladie pour dépression ?

Les données publiées ne permettent pas de déduire facilement un chiffre national unique sur le nombre de salarié·es en arrêt maladie pour dépression en France. Les études diffèrent notamment selon les personnes prises en compte (secteur privé, fonction publique, indépendant·es), la manière d’analyser les motifs d’arrêt et le fait d’étudier le nombre d’arrêts ou le nombre de jours d’absence.

Pour bien interpréter ces chiffres, il est également important de distinguer la dépression en tant que maladie d’un arrêt maladie effectif pour dépression. Toutes les personnes souffrant de dépression ne sont pas en arrêt de travail. À l’inverse, une dépression peut être si sévère que la personne concernée ne peut pas exercer ses tâches professionnelles pendant une longue période.

Combien de temps dure un arrêt maladie pour dépression ?

Les arrêts dus à des troubles psychiques durent souvent plus longtemps que les arrêts dus à de nombreuses maladies physiques. C’est pour cette raison qu’ils occupent une place si importante parmi les arrêts de plus de 30 jours.

Il n’existe pas de durée fixe pour un arrêt maladie pour dépression. Dans ses recommandations aux médecins, l’Assurance Maladie préconise, si un arrêt est nécessaire, une durée initiale de préférence d’une à deux semaines. L’arrêt peut ensuite être prolongé en fonction de l’évolution.

La durée totale dépend notamment de la sévérité de la maladie, de son évolution jusqu’ici, d’éventuelles maladies associées et de la situation professionnelle. Elle ne peut pas être prédite pour une personne en particulier.

Pourquoi les troubles dépressifs peuvent-ils entraîner des absences plus longues ?

Une dépression peut altérer différentes capacités importantes au travail : la concentration, la capacité à prendre des décisions, la motivation, la résistance au stress et la gestion des exigences relationnelles. Les troubles du sommeil et un épuisement marqué peuvent aussi rendre difficile un travail régulier.

Chez certaines personnes concernées, les symptômes s’améliorent dans un délai raisonnable. D’autres ont besoin de plus de temps avant de retrouver une capacité de travail suffisante. Le retour au travail ne dépend donc pas uniquement d’une légère amélioration de l’humeur. La capacité de concentration, la structure de la journée et l’aptitude à faire face aux exigences professionnelles jouent également un rôle.

Quels secteurs et quels profils sont les plus concernés ?

Les arrêts de travail ne se répartissent pas de manière égale entre toutes les catégories professionnelles. Selon le baromètre Absentéisme 2025 de Malakoff Humanis, les secteurs les plus concernés par les arrêts, toutes causes confondues, sont les suivants (part des salarié·es ayant eu au moins un arrêt) :

  • Santé : 53 %
  • BTP : 48 %
  • Industrie : 44 %

Ces valeurs concernent l’ensemble des arrêts, et pas uniquement ceux liés à la dépression ou aux troubles psychiques.

Pour les arrêts longs liés à des troubles psychologiques, certains profils ressortent plus nettement. Ils pèsent pour 36,9 % des arrêts longs chez les femmes, contre 28,7 % chez les hommes. Chez les cadres, ils représentent 44,4 % des arrêts longs, contre 32,5 % chez les non-cadres.

Pourquoi les absences liées à des troubles psychiques augmentent-elles ?

Les arrêts dus à des troubles psychiques ont pris nettement plus d’importance ces dernières années. Selon Malakoff Humanis, leur part dans les arrêts de plus de 30 jours a augmenté d’environ 25 % entre 2020 et 2025.

Cette évolution ne peut pas être attribuée à une seule cause. Les troubles psychiques résultent généralement d’une interaction de différents facteurs. Les exigences professionnelles peuvent jouer un rôle, tout comme les difficultés personnelles, les facteurs physiques ou des problèmes de santé préexistants. L’accès aux soins compte aussi : selon Malakoff Humanis, les délais pour consulter un·e psychiatre ou un·e psychologue peuvent favoriser l’installation durable des troubles et donc l’allongement des arrêts.

La manière dont les données sont recensées influence également l’évolution des chiffres. Les changements dans le diagnostic médical et une plus grande ouverture face aux troubles psychiques peuvent contribuer à ce que les arrêts soient documentés de façon plus complète ou différente qu’auparavant.

Une hausse des arrêts recensés ne signifie donc pas automatiquement que les troubles psychiques sont devenus plus fréquents dans la même proportion. Elle montre toutefois que la santé mentale joue un rôle important dans l’analyse de l’absentéisme et dans la prévention en entreprise.

Qu’est-ce qui peut aider à réduire les arrêts maladie liés à la dépression ?

Les troubles psychiques ne peuvent pas être évités uniquement grâce à une gestion du temps individuelle ou à une meilleure organisation du quotidien professionnel. Les conditions dans lesquelles les personnes travaillent sont tout aussi importantes.

Les entreprises peuvent contribuer à repérer tôt les situations de surcharge en planifiant des charges de travail réalistes, en prévoyant suffisamment de personnel et de temps de récupération, et en permettant une communication ouverte sur la surcharge. Les managers ont à cet égard une responsabilité particulière : ils et elles peuvent faire en sorte que les salarié·es puissent évoquer leurs difficultés sans craindre de stigmatisation ni de conséquences négatives.

Le retour au travail peut aussi être accompagné. En France, le temps partiel thérapeutique permet par exemple une reprise progressive après un arrêt, en lien avec le médecin traitant et le médecin du travail.

Pour les personnes concernées aussi, il peut être utile de prendre au sérieux les premiers signes de souffrance psychique. Un épuisement persistant, des troubles du sommeil, des difficultés de concentration ou une perte croissante de plaisir et d’intérêt ne devraient pas être ignorés durablement. Si ces symptômes persistent ou affectent nettement le quotidien, il peut être utile d’en parler à ton médecin traitant ou à un·e professionnel·le de santé mentale. Le dispositif Mon soutien psy permet aussi de consulter un·e psychologue conventionné·e, avec des séances prises en charge par l’Assurance Maladie.

En cas de dépression, un traitement adapté peut aider à soulager les symptômes et à améliorer le fonctionnement au quotidien. Le soutien approprié dépend de la situation individuelle. La psychothérapie et, le cas échéant, les médicaments font partie des options de traitement reconnues.

Comment deprexis peut-il aider en cas de dépression ?

La dépression peut fortement affecter le quotidien et la vie professionnelle. En plus d’un traitement médical ou psychothérapeutique, les offres numériques peuvent apporter un soutien complémentaire. deprexis est l’une de ces offres.

La thérapie numérique deprexis est un dispositif médical avec marquage CE qui repose sur des méthodes de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Il ne s’agit pas de te forcer à être plus performant·e malgré l’épuisement. Tu peux plutôt découvrir étape par étape les liens entre tes pensées, ton comportement et ton humeur, et expérimenter de nouvelles façons d’y faire face.

En France, deprexis est accessible sans ordonnance : tu peux l’obtenir directement sur notre site. Une licence de 90 jours coûte 225 € TTC ; elle n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie. Après le paiement, tu reçois par e-mail tes codes d’accès et tu peux commencer immédiatement ta thérapie numérique. Tu n’as pas à décider seul·e : tu peux en parler avec ton médecin traitant ou ton psy pour savoir si deprexis te convient.

Conclusion – la dépression est un facteur important des arrêts maladie

Les données de l’Assurance Maladie et des organismes de prévoyance montrent que la dépression occupe une place considérable dans les arrêts de travail en France. Le syndrome dépressif est la pathologie qui mobilise le plus de journées d’arrêt. En 2025, les troubles psychologiques étaient à l’origine de 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours chez les salarié·es du privé, ce qui en fait la première cause des arrêts longs.

Ces chiffres décrivent des tendances à l’échelle statistique. Ils ne permettent pas de prédire combien de temps une personne souffrant de dépression sera absente, et ils ne recensent pas non plus toutes les personnes concernées en France. Face à une dépression, l’essentiel reste de prendre la maladie au sérieux, de trouver un soutien adapté et d’organiser le retour au travail en fonction de la situation individuelle.

Les questions et réponses les plus importantes

Vivre avec une dépression

La durée dépend de la situation de chaque personne. Il n’existe pas de durée fixe : l’Assurance Maladie recommande aux médecins, si un arrêt est nécessaire, une durée initiale de préférence d’une à deux semaines, qui peut ensuite être prolongée. Les arrêts liés aux troubles psychiques sont souvent longs, puisqu’ils sont la première cause des arrêts de plus de 30 jours.

Toutes causes confondues, les secteurs de la santé, du BTP et de l’industrie sont les plus concernés par les arrêts de travail. Pour les arrêts longs liés à des troubles psychologiques, les femmes et les cadres sont particulièrement touché·es.

Les troubles psychiques comme la dépression entraînent souvent des arrêts plus longs que de nombreuses maladies physiques aiguës. En France, ils sont désormais la première cause des arrêts de plus de 30 jours, devant les troubles musculosquelettiques. La durée d’un arrêt maladie dépend toutefois du diagnostic précis, de son évolution et d’autres facteurs individuels.

Sources