Combien de personnes souffrent de dépression ? En Suisse, 8 % des personnes de 15 ans et plus ont déclaré avoir souffert d’une dépression au cours des 12 derniers mois, selon l’Enquête suisse sur la santé 2022. Les symptômes de dépression modérés à sévères concernaient quant à eux 9,8 % de la population selon les données de l’Observatoire suisse de la santé (Obsan). Les femmes sont davantage concernées que les hommes, et les jeunes adultes présentent les taux les plus élevés.
À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’environ 280 millions de personnes vivent avec une dépression, soit environ 3,8 % de la population mondiale.
La dépression fait partie des troubles psychiques les plus fréquents. Découvrez les principaux chiffres, ce qu’ils signifient et quelles solutions peuvent aider.
Combien de personnes souffrent de dépression: L’essentiel en quelques mots
- En Suisse : en 2022, 8 % des personnes interrogées de 15 ans et plus ont déclaré avoir souffert d’une dépression au cours des 12 derniers mois. BBFS Dam API
- Symptômes modérés à sévères : selon l’indicateur utilisé par l’Obsan, 9,8 % de la population de 15 ans et plus présentait des symptômes de dépression modérés à sévères en 2022. OOffice Fédéral de la Santé
- Différences entre les sexes : les femmes sont davantage touchées que les hommes. En 2022, 11,7 % des femmes et 7,9 % des hommes présentaient des symptômes de dépression modérés à sévères.
- Jeunes particulièrement concernés : les personnes âgées de 15 à 34 ans présentaient les taux les plus élevés de symptômes dépressifs modérés à sévères, avec 15,6 % en 2022. OOffice Fédéral de la Santé
- Une question de méthode : les chiffres varient selon la manière dont la dépression est mesurée. Une personne peut déclarer avoir souffert d’une dépression, présenter des symptômes lors d’un questionnaire de dépistage ou avoir reçu un diagnostic médical. Ces indicateurs ne mesurent donc pas exactement la même chose.
- À l’échelle mondiale : l’OMS estime qu’environ 280 millions de personnes vivent avec une dépression dans le monde.
Les chiffres clés en Suisse
Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), 8 % des personnes de 15 ans et plus vivant en ménage privé ont déclaré avoir souffert d’une dépression au cours des douze derniers mois en 2022. Les jeunes femmes de 15 à 24 ans étaient particulièrement concernées : 18 % d’entre elles ont déclaré avoir souffert d’une dépression au cours de cette période. BBFS Dam API
Les données de l’Obsan montrent par ailleurs qu’en 2022, 9,8 % de la population de 15 ans et plus présentait des symptômes de dépression modérés à sévères. La proportion était de 11,7 % chez les femmes et de 7,9 % chez les hommes. OOffice Fédéral de la SantéCes chiffres ne sont pas contradictoires : ils correspondent à des indicateurs différents. L’un porte sur le fait d’avoir déclaré avoir souffert d’une dépression au cours des douze derniers mois, tandis que l’autre mesure la présence de symptômes dépressifs à partir d’un instrument de dépistage.
Dépression : différences selon l’âge et le sexe
- Femmes
Symptômes de dépression modérés à sévères : 11,7 % en 2022.
Constat complémentaire : les femmes sont davantage concernées que les hommes. Les jeunes femmes, notamment celles âgées de 15 à 24 ans, présentent une vulnérabilité particulière sur plusieurs indicateurs de santé psychique. BBFS Dam API+1
- Hommes
Symptômes de dépression modérés à sévères : 7,9 % en 2022.
Constat complémentaire : les hommes peuvent eux aussi souffrir de dépression, mais les symptômes et le recours à l’aide peuvent parfois différer de ceux observés chez les femmes. OOffice Fédéral de la Santé
- Jeunes adultes
Les jeunes figurent parmi les groupes les plus touchés. En 2022, 15,6 % des personnes âgées de 15 à 34 ans présentaient des symptômes de dépression modérés à sévères. OOffice Fédéral de la Santé
Les jeunes femmes de 15 à 24 ans étaient particulièrement concernées : 18 % ont déclaré avoir souffert d’une dépression au cours des douze derniers mois. BBFS Dam API
- Personnes âgées
Chez les personnes de 65 ans et plus, les symptômes de dépression modérés à sévères étaient moins fréquents que chez les jeunes adultes : 4,0 % en 2022. Cela ne signifie toutefois pas que la dépression n’existe pas chez les personnes âgées. Les symptômes peuvent parfois être moins facilement identifiés ou se manifester parallèlement à des problèmes physiques. OOffice Fédéral de la Santé
Les estimations de l’OMS
L’OMS estime qu’environ 280 millions de personnes dans le monde vivent avec une dépression. Cela correspond à environ 3,8 % de la population mondiale.
Les estimations internationales doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les méthodes de diagnostic et de dépistage, l'accès aux soins et la manière dont les personnes déclarent leurs symptômes varient fortement d’un pays à l’autre.
Pourquoi les chiffres diffèrent-ils selon les études ?
Il n’existe pas un seul chiffre permettant de déterminer exactement combien de personnes souffrent de dépression.
Les études peuvent notamment mesurer :
- les personnes ayant reçu un diagnostic médical ;
- les personnes déclarant avoir souffert d’une dépression au cours des douze derniers mois ;
- les personnes présentant des symptômes dépressifs lors d’un questionnaire de dépistage ;
- les personnes ayant recours à un traitement pour un problème psychique.
En Suisse, l’OFS souligne par exemple qu’en 2022, 8 % de la population de 15 ans et plus avait été traitée pour des problèmes psychiques au cours des douze mois précédant l’enquête.
Ces chiffres ne permettent donc pas de déterminer directement le nombre total de personnes souffrant de dépression. Une partie des personnes concernées peut ne pas avoir reçu de diagnostic ou ne pas avoir recours aux soins.
Pourquoi la dépression semble-t-elle si fréquente ?
Les chiffres concernant la santé psychique ont évolué au cours des dernières années. En Suisse, l’OFS indique notamment qu’en 2022, 18 % de la population présentait une détresse psychologique moyenne ou élevée, contre 15 % en 2017. Cette augmentation était particulièrement marquée chez les jeunes femmes. BBFS Dam APIPlusieurs facteurs peuvent contribuer à une dégradation de la santé psychique. Il peut notamment s’agir de facteurs individuels, sociaux, économiques ou environnementaux.
Facteurs de risque
- Stress et surcharge : un stress important ou prolongé peut augmenter le risque de développer des symptômes dépressifs.
- Isolement et solitude : un manque de contacts sociaux ou de soutien peut fragiliser la santé psychique.
- Facteurs socio-économiques : les difficultés financières, le chômage ou une situation sociale précaire peuvent peser sur la santé mentale.
- Expériences difficiles ou traumatismes : certaines expériences vécues au cours de la vie peuvent augmenter le risque de dépression.
- Antécédents personnels ou familiaux : avoir déjà souffert d’une dépression ou avoir des antécédents familiaux peut également augmenter le risque.
Il est toutefois important de rappeler qu’une dépression a rarement une cause unique. Elle résulte généralement d’une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
Comprendre les causes : pourquoi moi ?
Tu te demandes peut-être : « Pourquoi est-ce que ça m’arrive ? »
Une dépression n’est presque jamais due à une seule cause. Plusieurs facteurs peuvent se combiner et influencer la manière dont une personne réagit aux difficultés de la vie.
Tes prédispositions peuvent jouer un rôle : si la dépression est présente dans ta famille, ton risque peut être plus élevé. Mais cela ne signifie pas que tu développeras nécessairement une dépression.
Les événements difficiles peuvent également peser : stress prolongé, traumatisme, solitude, deuil ou difficultés professionnelles et financières.
Ton corps et tes habitudes jouent aussi un rôle. Les troubles du sommeil, la consommation excessive d’alcool ou de substances et certaines maladies physiques peuvent contribuer à l’apparition ou à l’aggravation de symptômes dépressifs.
Heureusement, certains facteurs peuvent avoir un effet protecteur : des relations sociales stables, une activité physique régulière, un sommeil suffisant et un accès rapide à une aide professionnelle.
Rappelle-toi : la dépression n’est ni une faiblesse ni un échec personnel. C’est un trouble psychique qui peut être traité.
Comment traiter la dépression ?
La bonne nouvelle, c’est que la dépression peut être traitée efficacement. Le choix du traitement dépend notamment de la gravité des symptômes, de la situation personnelle et des préférences de la personne concernée.
Trouver de l’aide : que faire en cas de dépression ?
Parmi les traitements et approches utilisés, on retrouve notamment :
- La psychothérapie : un accompagnement psychothérapeutique permet de travailler sur les pensées, les émotions et les comportements associés à la dépression. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) font notamment partie des approches couramment utilisées.
- Les médicaments : dans certaines situations, un médecin peut proposer un traitement antidépresseur. Celui-ci doit être adapté individuellement et faire l’objet d’un suivi médical.
- La combinaison des deux : selon la situation, une psychothérapie associée à un traitement médicamenteux peut être proposée.
- Les mesures complémentaires : une activité physique régulière, un sommeil aussi régulier que possible, une alimentation équilibrée et le soutien de l’entourage peuvent compléter la prise en charge.
Soutien numérique : deprexis
deprexis est une application numérique de santé destinée à accompagner les adultes souffrant de dépression. Elle s’appuie sur des techniques et exercices issus de méthodes psychologiques et psychothérapeutiques fondées sur des données scientifiques. Elle peut être utilisée seule en complément des soins habituels ou parallèlement à une prise en charge psychothérapeutique.
En Suisse, deprexis est inscrit sur la LiMA et peut, sous certaines conditions et sur prescription, faire l’objet d’une prise en charge partielle par l’assurance obligatoire des soins (AOS). Depuis le 1er juillet 2026, deprexis est présenté comme la première application numérique de santé en Suisse partiellement remboursée par l’AOS. La quote-part indiquée actuellement est de 78 CHF.
deprexis ne remplace pas une prise en charge médicale ou psychothérapeutique. Il peut toutefois constituer un complément ou une solution de soutien pendant les délais d’attente.
Aide immédiate en cas de crise urgente
Si toi ou un proche traversez une crise aiguë ou si vous craignez un passage à l’acte suicidaire, demandez immédiatement de l’aide.
Numéros d’urgence et d’écoute en Suisse
- 144 : en cas d’urgence médicale ou de danger immédiat, notamment en cas de risque suicidaire, appelez les urgences médicales. OOffice Fédéral de la Santé
- 112 : le numéro d’urgence européen est également accessible en Suisse.
- 143 – La Main Tendue : pour les adultes en situation de détresse psychique, La Main Tendue propose une écoute gratuite, anonyme et confidentielle, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. 1143+1
- 147 – Pro Juventute : les enfants et les jeunes peuvent appeler le 147, disponible 24 heures sur 24. Le service propose également un accompagnement par d’autres canaux. OOffice Fédéral de la Santé
En cas de danger immédiat, ne reste pas seul : appelle le 144 ou rends-toi aux urgences de l’hôpital le plus proche.