Étudier avec une dépression: comment réduire la charge mentale
Étudier avec une dépression représente un immense défi, mais ce n’est pas une raison pour abandonner tes études. Il est possible de trouver un chemin pour poursuivre ton parcours, même lorsque chaque journée demande énormément d’énergie. Découvre comment alléger ton quotidien, trouver de l’aide et faire valoir tes droits.
Étudier avec une dépression : l'essentiel
- La dépression est une véritable maladie et non un manque de volonté. Elle ne se résume pas à de la tristesse ou au stress et nécessite généralement une prise en charge professionnelle.
- Tu n’es pas seul·e. Les difficultés psychiques sont fréquentes chez les étudiant·es : selon une enquête de l’Office fédéral de la statistique (OFS), près d’un quart des étudiant·es des hautes écoles suisses présentaient des symptômes dépressifs modérés à sévères.
- Tu as droit à un accompagnement, que la dépression soit présente avant tes études ou qu’elle soit apparue à cause du stress des examens, des doutes ou de l’anxiété face à l’avenir.
- Le service de conseil psychologique de ta haute école propose des consultations gratuites et confidentielles et peut t’informer sur les aides disponibles.
- Consulte un·e médecin pour obtenir un diagnostic, un traitement adapté et, si nécessaire, un certificat médical attestant de ton incapacité temporaire à étudier ou à passer des examens.
- Une compensation des désavantages peut être accordée pour les examens, sans modifier les exigences académiques.
- Un semestre de congé pour raisons de santé peut être envisagé.
- Si tu reçois une bourse cantonale, une prolongation est parfois possible sur présentation d’un certificat médical.
- Une aide numérique telle que deprexis peut compléter la prise en charge thérapeutique.En cas de crise aiguë ou de pensées suicidaires, appelle le 144. Tu peux aussi joindre La Main Tendue au 143, anonymement et 24h/24. Si tu as moins de 25 ans, le 147 de Pro Juventute est aussi à ton écoute.
Qu'est-ce que la dépression ?
La dépression est plus qu’une simple phase de profonde tristesse en réaction au stress ou à des échecs. C’est une maladie psychique grave et médicalement reconnue, qui se caractérise par des symptômes profonds qui durent pendant des semaines, voire des mois. Contrairement à un simple coup de moins bien, une dépression clinique se caractérise souvent par une humeur triste persistante, une perte de plaisir et d’intérêt, ainsi qu’un manque marqué d’énergie. Elle ne touche pas seulement le psychisme, mais aussi l’ensemble du corps et la façon de vivre.
Parmi les symptômes principaux, on trouve les troubles de la concentration et du sommeil, qui ont un impact direct sur les études, car ils rendent l’apprentissage et l’organisation presque impossibles. À cela s’ajoutent souvent une forte culpabilité, une estime de soi très diminuée et un sentiment de vide intérieur. Comme il s’agit d’une maladie aux causes biologiques, psychiques et sociales, un traitement professionnel est nécessaire, sous forme de thérapie, éventuellement associée à des médicaments. Un traitement adapté aide à briser ce cercle vicieux et à retrouver la capacité à étudier.
Premières démarches et ressources sur le campus
Si tes études deviennent trop difficiles à cause de ton état psychique, sache que tu n’as pas à affronter cela seul·e. La plupart des hautes écoles proposent gratuitement un accompagnement psychologique confidentiel. Le plus important est de demander de l’aide rapidement.
Checklist des premières étapes
1. Prendre rendez-vous chez un médecin
Ton ou ta médecin de famille :
- établira un diagnostic ;
- discutera des possibilités de traitement ;
- pourra te délivrer un certificat médical attestant que tu es momentanément dans l’incapacité de suivre tes études ou de passer des examens ;
- pourra te prescrire une psychothérapie auprès d’un·e psychologue-psychothérapeute, prise en charge par l’assurance de base, sous réserve de la franchise et de la quote-part.
Le certificat médical est souvent indispensable pour demander :
- un retrait ou un report d’examen ;
- une prolongation de délai ;
- une compensation des désavantages ;
- un semestre de congé ;
- certaines aides financières.
Renseigne-toi sur le règlement de ta haute école : les certificats médicaux doivent souvent être transmis dans un délai précis.
2. Contacter le service de soutien psychologique de votre établissement
Ces consultations sont généralement :
- gratuites ;
- confidentielles ;
- rapides à obtenir.
Tu pourras y recevoir :
- une première évaluation ;
- des conseils sur tes démarches ;
- une orientation vers les dispositifs adaptés.
3. Informer votre faculté ou le service des examens
Envoie un message simple expliquant que tu rencontres actuellement un problème de santé et que tu effectues les démarches nécessaires. Tu n’as pas à préciser ton diagnostic. Demande que les délais administratifs soient préservés jusqu’à la remise des justificatifs.
4. Préparer les démarches administratives
Selon ta situation, tu pourras demander notamment :
- une compensation des désavantages ;
- un retrait ou un report d’examen ;
- une prolongation de délais ;
- un semestre de congé.
Soutien numérique avec deprexis
deprexis est une thérapie numérique destinée aux adultes souffrant de dépression. Ce dispositif médical certifié CE propose :
- des exercices thérapeutiques ;
- un accompagnement au quotidien ;
- des outils issus de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
Tu peux l’utiliser à tout moment et depuis n’importe quel endroit disposant d’une connexion Internet. En Suisse, deprexis est la première application de santé numérique partiellement remboursée par l’assurance obligatoire des soins (AOS). Avec une ordonnance, généralement établie par un·e médecin spécialiste, ta participation ne s’élève qu’à 78 CHF. Tu peux aussi utiliser deprexis sans ordonnance en le payant toi-même : une licence de 90 jours coûte 271,32 CHF TTC.
Aspects juridiques et démarches administratives
Lorsque la dépression perturbe fortement les études, il peut être utile de sécuriser sa situation sur le plan administratif.
Renseignez-vous toujours auprès de votre université sur les règles applicables.
Compensation des désavantages
La compensation des désavantages vise à compenser les conséquences d’une maladie chronique ou d’un handicap. Elle ne modifie pas le contenu de l’évaluation, mais uniquement ses modalités. Un trouble psychique durable, comme une dépression, peut y donner droit.
Exemples :
- temps supplémentaire ;
- salle à part ;
- pauses pendant l’examen ;
- utilisation d’aides techniques ;
- autre format d’évaluation (un oral au lieu d’un écrit, par exemple).
Procédure simplifiée
- Contacter le service compétent : la plupart des hautes écoles disposent d’un service ou d’une personne de contact pour les étudiant·es en situation de handicap ou atteint·es d’une maladie chronique.
- Joindre les justificatifs : le certificat médical constitue généralement le document principal. Certaines hautes écoles peuvent demander un rapport médical plus détaillé.
- Respecter les délais : la demande doit être déposée avant l’examen ou avant la date de remise du travail. Les demandes rétroactives sont rarement acceptées.
- Penser à renouveler la demande : la compensation est souvent accordée pour une période limitée.
Report d'examen et prolongation des délais
Si ton état de santé t’empêche de passer un examen, informe rapidement ta faculté et transmets ton certificat médical dans les délais prévus. Il est également souvent possible de demander une prolongation pour la remise d’un mémoire ou d’un travail.
Exemple de courriel
Objet : Problème de santé – Demande de maintien des délais
Madame, Monsieur,
En raison d’un problème de santé actuel (un certificat médical est à ma disposition), je souhaiterais obtenir des informations concernant les possibilités de retrait d’examen, de prolongation de délai ou de compensation des désavantages.
Je vous serais reconnaissant·e de bien vouloir préserver mes droits jusqu’à la transmission des documents nécessaires.
Je vous remercie par avance.
Cordialement,
(Nom, numéro d’immatriculation, filière)
Semestre de congé pour raisons de santé
Si ton état de santé ne te permet plus de poursuivre normalement tes études pendant une période, tu peux demander un semestre de congé. Selon les hautes écoles, un certificat médical suffit généralement.
Avant toute décision, vérifie :
- les conséquences sur tes examens ;
- ton immatriculation ;
- les éventuelles taxes d’études ;
- les conditions de reprise des études ;
- les conséquences sur ta bourse, si tu en reçois une.
Bourses d’études
En Suisse, les bourses d’études sont gérées par les cantons, et leurs règles varient. Dans certains cantons, il est possible d’obtenir une prolongation de la bourse lorsque les études sont retardées par une maladie.
Le plus important est :
- de prévenir rapidement le service des bourses de ton canton ;
- de fournir les justificatifs médicaux demandés ;
- de respecter les délais administratifs.
Outils pour alléger le quotidien étudiant
1) Le plan minimal (3 × 15 minutes)
Lorsque tu manques totalement d’énergie, limite-toi à trois petits blocs :
Bloc A – Obligations
Une tâche très simple :
- ouvrir un e-mail ;
- consulter un formulaire ;
- noter une référence bibliographique.
Bloc B – Études
Travaille pendant 15 minutes sur un seul chapitre. À la fin, note immédiatement la toute première étape pour reprendre le lendemain.
Bloc C – Énergie
Faites une activité qui vous aide à récupérer :
- marcher quelques minutes ;
- prendre une douche ;
- préparer un repas équilibré.
2) Gérer ton énergie par vagues
Travaille par périodes courtes, par exemple 25 à 40 minutes de travail, puis 10 minutes de pause. Réserve les tâches les plus difficiles aux moments où tu as le plus d’énergie.
3) Expliquer plutôt que surligner
Au lieu de simplement surligner tes cours, essaie d’expliquer ce que tu viens de lire en trois phrases, comme si tu l’enseignais à quelqu’un. Cette méthode améliore la compréhension, la mémorisation et la concentration.
4) La règle des deux onglets
N’ouvre jamais plus de deux onglets Internet en même temps lorsque tu travailles. Coupe également toutes les notifications afin de limiter les distractions.
5) Les micro-pas sociaux
Choisis des contacts qui ne t’épuisent pas, par exemple :
- envoyer un court message à un·e camarade ;
- travailler à la bibliothèque plutôt que seul·e chez toi ;
- trouver un·e partenaire de révision.
Les relations sociales restent un facteur protecteur important.
6) Planifier stratégiquement les examens
Commence par les évaluations qui te semblent les plus accessibles, afin de retrouver progressivement confiance. Si tu as besoin de plus de temps, fais rapidement les démarches pour demander une compensation des désavantages ou une prolongation.
7) Structurer tes journées
Essaie de conserver des horaires réguliers :
- une heure de lever fixe ;
- une courte promenade quotidienne ;
- des repas pris à heures régulières.
Une routine simple apporte souvent davantage de stabilité et facilite progressivement la reprise des études.