Dépression et arrêt maladie : quelle est la fréquence des troubles dépressifs au travail ?

Résumé

Les troubles psychiques comptent parmi les causes importantes d’absences au travail en Suisse. La dépression en particulier peut empêcher les salarié·es de travailler pendant une longue période. Mais quelle place occupe-t-elle réellement dans les arrêts maladie ? Combien de personnes sont concernées, combien de temps durent les absences et quels secteurs sont les plus touchés ? Dans cet article, tu découvriras un aperçu des données actuelles sur les incapacités de travail liées à la dépression en Suisse.

Dépression et arrêt maladie : l’essentiel en bref

  • Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), les salarié·es en Suisse ont manqué le travail en moyenne 8,2 jours en 2025 pour cause de maladie ou d’accident, contre 6,3 jours en 2010.
  • Selon les analyses des assureurs Swica et PK Rück, le nombre de cas d’incapacité de travail diagnostiqués comme « maladie psychique » a augmenté d’environ 60 % en dix ans dans les assurances d’indemnités journalières.
  • Les arrêts maladie liés à des troubles psychiques durent plus longtemps que la moyenne et peuvent mener à la perte d’un emploi.
  • Les maladies psychiques sont aussi la première cause d’invalidité en Suisse.
  • Il n’existe aucune statistique unique qui recense toutes les personnes en Suisse en arrêt maladie pour dépression. Les statistiques de l’OFS ne précisent pas les causes médicales des absences, et les données des assureurs portent chacune sur leur propre portefeuille.

Quelle place occupe la dépression dans les arrêts maladie en Suisse ?

La dépression n’est pas seulement une charge personnelle pour la santé, c’est aussi un facteur important des absences au travail. Les données publiques et celles des assureurs montrent l’importance croissante des troubles psychiques.

Les absences pour raisons de santé augmentent depuis des années en Suisse. Selon l’OFS, les salarié·es ont manqué le travail en moyenne 8,2 jours en 2025 pour cause de maladie ou d’accident, contre 6,3 jours en 2010. Ces chiffres englobent toutes les causes d’absence et ne permettent pas, à eux seuls, de connaître la part de la dépression.

Les données des assurances d’indemnités journalières en cas de maladie apportent des indications plus précises. Selon les analyses de Swica et PK Rück, le nombre de cas diagnostiqués comme « maladie psychique » a augmenté d’environ 60 % en dix ans par rapport au portefeuille assuré. Les entreprises le constatent aussi : selon l’étude d’AXA sur le marché de l’emploi 2026, 35 % des PME suisses sont moyennement ou fortement touchées par des absences pour raisons psychiques.

Combien de personnes sont en arrêt maladie pour dépression ?

Les données publiées ne permettent pas de déduire facilement un chiffre national unique sur le nombre de salarié·es en arrêt maladie pour dépression en Suisse. Les statistiques de l’OFS ne recensent pas les causes médicales des absences. Les données des assureurs, elles, ne portent que sur leurs propres assuré·es et diffèrent dans la manière d’analyser les diagnostics.

Pour bien interpréter ces chiffres, il est également important de distinguer la dépression en tant que maladie d’une incapacité de travail effective pour dépression. Toutes les personnes souffrant de dépression ne sont pas en incapacité de travail. À l’inverse, une dépression peut être si sévère que la personne concernée ne peut pas exercer ses tâches professionnelles pendant une longue période.

Combien de temps dure un arrêt maladie pour dépression ?

Les absences dues à des troubles psychiques durent souvent plus longtemps que les absences dues à de nombreuses maladies physiques. Selon les spécialistes de la gestion de la santé en entreprise, les arrêts liés à des affections psychiques comme la dépression durent dans la majorité des cas plusieurs mois, parfois davantage.

Il n’existe pas de durée fixe pour un arrêt maladie pour dépression. C’est le ou la médecin qui atteste l’incapacité de travail et sa durée au moyen d’un certificat médical, qui peut être prolongé selon l’évolution.

La durée totale dépend notamment de la sévérité de la maladie, de son évolution jusqu’ici, d’éventuelles maladies associées et de la situation professionnelle. Elle ne peut pas être prédite pour une personne en particulier.

Pourquoi les troubles dépressifs peuvent-ils entraîner des absences plus longues ?

Une dépression peut altérer différentes capacités importantes au travail : la concentration, la capacité à prendre des décisions, la motivation, la résistance au stress et la gestion des exigences relationnelles. Les troubles du sommeil et un épuisement marqué peuvent aussi rendre difficile un travail régulier.

Chez certaines personnes concernées, les symptômes s’améliorent dans un délai raisonnable. D’autres ont besoin de plus de temps avant de retrouver une capacité de travail suffisante. Le retour au travail ne dépend donc pas uniquement d’une légère amélioration de l’humeur. La capacité de concentration, la structure de la journée et l’aptitude à faire face aux exigences professionnelles jouent également un rôle.

Dans quels secteurs les absences dues à des troubles psychiques comme la dépression sont-elles particulièrement élevées ?

Les absences ne se répartissent pas de manière égale entre toutes les catégories professionnelles. En Suisse, les professions physiquement ou psychiquement exigeantes sont particulièrement concernées, par exemple la vente, la construction, les transports, la santé, le social et de nombreux services. Les douleurs dorsales et les troubles psychiques y figurent parmi les causes d’absence les plus fréquentes.

Il n’existe toutefois pas de statistique nationale publique qui détaille par secteur les absences liées uniquement à la dépression.

Pourquoi les absences liées à des troubles psychiques augmentent-elles ?

Les absences dues à des troubles psychiques ont pris nettement plus d’importance ces dernières années. Les maladies psychiques sont aussi la première cause d’invalidité en Suisse : en 2025, elles représentaient 55 % des cas parmi les personnes bénéficiant de mesures de réadaptation de l’assurance invalidité (AI).

Cette évolution ne peut pas être attribuée à une seule cause. Les troubles psychiques résultent généralement d’une interaction de différents facteurs. Les exigences professionnelles peuvent jouer un rôle, tout comme les difficultés personnelles, les facteurs physiques ou des problèmes de santé préexistants.

La manière dont les données sont recensées influence également l’évolution des chiffres. Les changements dans le diagnostic médical et une plus grande ouverture face aux troubles psychiques peuvent contribuer à ce que les absences soient documentées de façon plus complète ou différente qu’auparavant.

Une hausse des absences recensées ne signifie donc pas automatiquement que les troubles psychiques sont devenus plus fréquents dans la même proportion. Elle montre toutefois que la santé mentale joue un rôle important dans l’analyse des absences et dans la gestion de la santé en entreprise.

Qu’est-ce qui peut aider à réduire les arrêts maladie liés à la dépression ?

Les troubles psychiques ne peuvent pas être évités uniquement grâce à une gestion du temps individuelle ou à une meilleure organisation du quotidien professionnel. Les conditions dans lesquelles les personnes travaillent sont tout aussi importantes.

Les entreprises peuvent contribuer à repérer tôt les situations de surcharge en planifiant des charges de travail réalistes, en prévoyant suffisamment de personnel et de temps de récupération, et en permettant une communication ouverte sur la surcharge. Les cadres ont à cet égard une responsabilité particulière : ils et elles peuvent faire en sorte que les collaborateurs et collaboratrices puissent évoquer leurs difficultés sans craindre de stigmatisation ni de conséquences négatives.

Le retour au travail peut aussi être accompagné, par exemple par une reprise progressive à temps partiel. En cas d’incapacité de travail prolongée, l’assurance invalidité propose en outre des mesures de détection et d’intervention précoces pour aider à maintenir l’emploi.

Pour les personnes concernées aussi, il peut être utile de prendre au sérieux les premiers signes de souffrance psychique. Un épuisement persistant, des troubles du sommeil, des difficultés de concentration ou une perte croissante de plaisir et d’intérêt ne devraient pas être ignorés durablement. Si ces symptômes persistent ou affectent nettement le quotidien, il peut être utile d’en parler à ton médecin de famille ou à un·e professionnel·le de santé mentale. Sur prescription médicale, une psychothérapie auprès d’un·e psychologue-psychothérapeute peut être prise en charge par l’assurance de base.

En cas de dépression, un traitement adapté peut aider à soulager les symptômes et à améliorer le fonctionnement au quotidien. Le soutien approprié dépend de la situation individuelle. La psychothérapie et, le cas échéant, les médicaments font partie des options de traitement reconnues.

Comment deprexis peut-il aider en cas de dépression ?

La dépression peut fortement affecter le quotidien et la vie professionnelle. En plus d’un traitement médical ou psychothérapeutique, les offres numériques peuvent apporter un soutien complémentaire. deprexis est l’une de ces offres.

La thérapie numérique deprexis est un dispositif médical avec marquage CE qui repose sur des méthodes de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Il ne s’agit pas de te forcer à être plus performant·e malgré l’épuisement. Tu peux plutôt découvrir étape par étape les liens entre tes pensées, ton comportement et ton humeur, et expérimenter de nouvelles façons d’y faire face.

En Suisse, deprexis est la première application de santé numérique partiellement remboursée par l’assurance obligatoire des soins (AOS). Parle de deprexis à ton médecin : avec une ordonnance, généralement établie par un·e médecin spécialiste, ta participation ne s’élève qu’à 78 CHF. L’ordonnance est transmise à une pharmacie partenaire, qui t’envoie par e-mail ton code d’activation. Tu le saisis ensuite sur notre site et tu peux commencer immédiatement ta thérapie numérique. Tu peux aussi utiliser deprexis sans ordonnance en le payant toi-même : une licence de 90 jours coûte 271,32 CHF TTC.

Conclusion – la dépression est un facteur important des arrêts maladie

Les données publiques et celles des assureurs montrent que les troubles psychiques, dont la dépression, occupent une place croissante dans les absences au travail en Suisse. Les cas d’incapacité de travail pour maladie psychique ont nettement augmenté en dix ans, ces absences durent plus longtemps que la moyenne et les maladies psychiques sont la première cause d’invalidité.

Ces chiffres décrivent des tendances à l’échelle statistique. Ils ne permettent pas de prédire combien de temps une personne souffrant de dépression sera absente, et ils ne recensent pas non plus toutes les personnes concernées en Suisse. Face à une dépression, l’essentiel reste de prendre la maladie au sérieux, de trouver un soutien adapté et d’organiser le retour au travail en fonction de la situation individuelle.

Les questions et réponses les plus importantes

Vivre avec une dépression

La durée dépend de la situation de chaque personne. Il n’existe pas de durée fixe : c’est le ou la médecin qui atteste l’incapacité de travail et peut la prolonger selon l’évolution. Les absences liées à des troubles psychiques comme la dépression durent toutefois plus longtemps que la moyenne, souvent plusieurs mois.

En Suisse, les professions physiquement ou psychiquement exigeantes sont particulièrement concernées, par exemple la vente, la construction, les transports, la santé, le social et de nombreux services. Il n’existe toutefois pas de statistique nationale publique détaillant par secteur les absences liées uniquement à la dépression.

Les troubles psychiques comme la dépression entraînent souvent des absences plus longues que de nombreuses maladies physiques aiguës. Ils peuvent aussi mener plus souvent à une perte d’emploi ou à une invalidité. La durée d’un arrêt maladie dépend toutefois du diagnostic précis, de son évolution et d’autres facteurs individuels.

Sources